Les Pensées de Pascal

« Qu'il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer »
Morale chrétienne. Conclusion, (Fragment 409, Sellier)

 

 

Étienne Pascal a certainement vu le jour en 1588 dans une famille originaire de Cournon. Enrichis par le commerce, les Pascal se sont élevés dans l'échelle sociale grâce aux offices, fonctions publiques acquises contre une somme d'argent. Au moment de la naissance d’Étienne, son père Martin, est conseiller du roi, trésorier de France et général de ses finances en Auvergne. Sa mère, Marguerite Pascal de Mons, est la fille de François Pascal, écuyer, commissaire de guerre puis sénéchal de Clermont.

 

Armoiries de la famille Pascal sur la table généalogique
Armoiries de la famille Pascal sur la table généalogique ( Cote : R 18)

Étienne est un jeune homme brillant qui a peut-être étudié le droit à Paris. Il obtient une dérogation pour être nommé à 22 ans conseiller et élu pour le roi en l'élection de Clermont : il siège au tribunal chargé de répartir la taille dans l'élection et de juger les procès que suscite souvent cette répartition. Cette charge a été acquise grâce à l'avance sur héritage de ses parents. En 1614, Étienne Pascal prend pour épouse Antoinette Begon âgée de 18 ans. Ses responsabilités au sein de la cité ne cessent de croître. En 1623, année de la naissance de Blaise, il est envoyé à Paris par le conseil de la ville afin de s'opposer aux revendications de Riom qui souhaite devenir une élection. Le 1er janvier 1624, il est nommé premier échevin de Clermont pour la paroisse Saint-Pierre par l'assemblée générale des habitants. Avec Jean Périer (le père de Florin) et Jean Redon, il doit gérer pendant un an les affaires de la cité.
En 1625, Étienne vend son office d'élu et acquiert la charge de second président de la Cour des Aides. Il prend ses nouvelles fonctions en 1626. Elles lui permettent d'acquérir une noblesse personnelle. Cette même année, son épouse décède. Il prend la décision, rare pour l'époque, de s'occuper seul de l'éducation de ses trois enfants.

En avril 1631, au moment où la peste frappe Clermont, Étienne Pascal fait partie des membres du conseil de la ville. Il suit la Cour des aides dans ses déplacements, avant de s'installer définitivement à Paris en novembre 1631. La vie intellectuelle parisienne et sa volonté d'en faire profiter le jeune Blaise, semble avoir motivé ce choix. L'obligation de résidence des magistrats étant assez souple, il est toujours président de la Cour des Aides en 1634, date à laquelle, il vend son office à son frère cadet. Étienne est alors une figure du monde savant parisien. Il fréquente notamment l'Académie du père Mersenne et le mathématicien Roberval dont il est l'ami.

 

Machine arithmétique article extrait du Moniteur du Puy-de-Dôme
Machine arithmétique article extrait du Moniteur du Puy-de-Dôme ( Cote : BOYER 2032)

A Paris, les revenus d’Étienne reposent principalement sur les rentes de l'Hôtel de ville, un emprunt public permettant de faire fructifier son argent en ces temps où l'usure est interdite. Le conflit avec l'Espagne contraint le roi à des « retranchements » sur les échéances trimestrielles dues aux rentiers. Le 24 mars 1638, quatre cents d'entre-eux dont Étienne, s'en prennent au garde des sceaux Séguier et à l'intendant des finances. Cette vive réaction le contraint à se cacher semble-t-il en Auvergne. Proche de la Duchesse d'Aiguillon, nièce de Richelieu, Étienne possède de solides amitiés à Paris qui vont faciliter son retour en grâce en mai 1639. Il se plie à la volonté du cardinal ministre qui l'envoie en Normandie où le poids des impositions provoque des remous. En tant que commissaire pour la subsistance, il doit répartir les taxes pour l'entretien des troupes et annoncer des impôts supplémentaires. Étienne entre dans Rouen le 2 janvier 1640 avec les troupes du général Gassion, chargé de la répression. Restés à Paris, ses enfants le rejoignent au printemps 1640. Il fait venir d'Auvergne son cousin Florin Périer afin de l'aider à cette réorganisation des impôts. Pour faciliter les comptes de son père, Blaise travaille à sa machine arithmétique.

 

Victime d'une mauvaise chute, Étienne se démet la jambe durant l'hiver 1646. Il est soigné par les frères Deschamps, sieurs des Landes et de la Bouteillerie tous deux convertis au catholicisme augustinien de Port-Royal. Pratiquant jusque-là un christianisme social, toute la famille se convertit à ce christianisme du cœur. Toutefois, Étienne s'oppose à la prise de voile de sa fille Jacqueline. De retour à Paris en 1648, il meurt le 24 septembre 1651.

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